Technique de Gravure


Un point historique

GravureL'imprimerie est issue de la gravure quand on s'est aperçu que l'on pouvait graver individuellement les caractères de l'écriture et les assembler selon le texte à reproduire. Ce sont les chinois qui ont inventé le papier, les techniques de l'estampe et d'imprimerie, quelques centaines d'années avant que le papier arrive en Europe. Les techniques de gravure sont très liées au support, car il faut que le support soit peu onéreux, pour que l'utilisation d'un original recopiable soit intéressant. Les sceaux laissant une empreinte dans de la cire ou les gravures servant à crée des pièces de monnaie sont des exemples de gravures utilisées sans l'utilisation du papier.

La gravure est considérée, avec l'architecture, la peinture, la sculpture, la musique et la danse comme l'un des beaux-arts, bien que cette classification soit un peu tombée en désuétude. L'impact de la gravure sur la diffusion de l'art et de la science est prodigieux dès le XVIIe siècle. Les illustrations de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert montrent combien cet art contribua à populariser la culture. Depuis le XIXe siècle, la gravure a servi à la fabrication de timbres-poste, de billets de banque et de partitions musicales.

Technique du MONOTYPE :

Le monotype est un procédé de gravure où l’on obtient un résultat unique, qui ne nécessite pas l’utilisation de la presse de gravure. Mes monotypes sont obtenus en étalant de l’encre de gravure en couche épaisse sur une plaque de verre. Puis je travaille cette encre avec une spatule, jusqu'à ce que l’image me plaise. Je prend l’empreinte de cette image en posant un papier sur l’encre et en frottant doucement. L’encre se dépose sur le papier, le monotype est achevé mais il va sécher pendant quelques mois.

Technique du VERNIS MOU :

On utilise la technique du vernis mou entre autre pour recopier un dessin ou pour prendre une empreinte. Il faut se souvenir que ce qui se trouve à droite sur une plaque gravée se retrouvera à gauche sur le tirage papier. J’étale le vernis mou au rouleau uniformément sur la plaque de zinc. Je recouvre la plaque d’une feuille de papier où figure le motif inversé. Je repasse au crayon de papier le motif, la pression du crayon fait que le vernis se décolle et adhère au dos du papier. Lorsque je retire la feuille de papier, la plaque enduite de vernis est dénudée uniquement sur le motif.

L'attaque de la plaque :

J’utilise le perchlorure de fer, qui est un bon mordant à action lente, qui produit des sillons propres et nets sans dégager des fumées toxiques. Je plonge ma plaque dans l’acide, celui-ci attaque la plaque uniquement aux endroits où le zinc est à vif. Lorsque des bulles apparaissent sur le cuivre dénudé, je penche le bac pour les chasser. La plaque est suffisamment attaquée lorsque l'on observe que le trait dénudé est en creux.

Encrage et nettoyage de la plaque avec les encres à l'huile :

Je chauffe la plaque à encrer jusqu'à ce je puisse tout juste la toucher, mais pas trop pour ne pas dessécher l'encre. Le chauffage aide une bonne encre à pénétrer dans les creux et facilite l'enlèvement de l'excédent resté en surface. Avec un rouleau encreur je dépose l'encre uniformément. J'essuie avec de la tarlatane en boule, puis avec des feuilles de journal à plat. Les tâches résistantes sont enlevées avec du blanc d'Espagne. Il ne faut pas oublier de nettoyer l'envers de la plaque pour éviter qu'elle ne glisse sur le plateau de la presse lors du tirage, ainsi que ses arêtes. L’encre de gravure ne va rester que dans les creux mordus par l’acide

Tirage d'une épreuve :

Je pose la plaque nettoyée sur le plateau de la presse et la recouvre d’un papier spécial gravure humidifié. Je tourne lentement la manivelle avec un mouvement égal et sans m'arrêter, le plateau avance compressé entre les deux rouleaux. Un mouvement lent permet au papier de bien chercher l'encre dans les creux. D'autre part, si on arrête la progression pendant que le rouleau pèse sur la plaque, une bande se forme au travers de l'image imprimée. J’enlève l'épreuve d'un mouvement lent et régulier, en diagonale et je le mets sous presse pendant quelques jours entre des feuilles de buvard blanc.

Estampes

À l’origine, le terme d’estampe désignait le résultat de l’impression d’une planche gravée, en bois ou en métal. Par la suite, la lithographie puis la sérigraphie s’ajoutèrent à la gravure en relief ou en creux, pour permettre à l’artiste de créer des multiples.

Le mont Fuji vu de Kanagawa, fameuse estampe d'Hokusai Le mont Fuji vu de Kanagawa, fameuse estampe d'Hokusai

Cette assimilation des moyens de reproduction « à plat » éloigne l’estampe de son sens originel, qui incluait l’idée d’empreinte due à un relief. Le terme « estampe » est le plus approprié aujourd’hui pour différencier cette catégorie d’impression, dont l’élément imprimant a été préparé manuellement, de la reproduction, qui est le résultat de procédés photomécaniques et photochimiques. Le mot « estampe » vient de l’italien stampa ou stampare qui signifie imprimer.

L’estampe est définie comme originale lorsque l’élément imprimant (planche en bois, plaque de métal, pierre lithographique etc.) a été réalisée par l’artiste. L’élément imprimant exécuté par un homme de métier, d’après l’œuvre d’un artiste, ne donne lieu qu’à une estampe d’interprétation.



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